POLITISEZ-VOUS !

L’œuvre d’une «hybridation» intellectuelle, de l’inter-fécondation d’idées de dix jeunes sénégalais portés par un désir de voir leurs paires investir le champ de l’action politique –

NOTE DE LECTURE PAR EL HADJI CHEIKH DIOP

«Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions.» (Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976) Politisez-vous sans doute un ouvrage original à plus d’un titre. Il est, parce qu’il s’agit d’un plaidoyer explicite en faveur de la politisation des jeunes, dans un contexte où le prix de la distance vis-à-vis de la politique est banché. Il est aussi, parce qu’il a obtenu une «hybridation» intellectuelle, de la rencontre des personnes aux parcours variés, de l’inter-fécondation d’idées de dix jeunes sénégalais portés par un désir de voir leurs paires investir le champ de l’action politique, quelle que soit la forme, pour faire les transformations tant désirées du Sénégal en particulier et de l’Afrique en général.

D’emblée, les auteurs sont recherchés, malgré la diversité de leurs points de vue, font la distinction fondamentale avec la politique: «Ne pas être politisé – dissocié de« ne pas faire la politique »- c’est placer une somme de destins entre les mains d’autrui et ne pas se se soucier de ce qu’il en fait ». La politisation s’entend par l’état d’esprit de la conscience politique du jeune, sa compréhension des enjeux de la vie en société, sa participation à la délibération publique … «espace politique, et non en marge des forces du pouvoir ».La suite d’un tel début amène les auteurs à offrir au lecteur dix richesses des contributions qui baladent entre la politisation des consciences même de la société et de la politisation d’un certain nombre de problèmes dont la prise en charge publique et les solutions place Rester en grande partie sur le combat que décide d’entreprendre la jeune génération. Le lecteur peut, dans les lignes qui suivent, une idée de ces dix contributions pour nous proposer une brève synthèse, avant de faire partie de nos commentaires critiques sur ce livre.

Radiographie de Politisez-vous!

La contribution de Hamidou Anne, intitulée «La politique pour l’investisseur de nouvelles utopies» présente un état des lieux de la crise politique au Sénégal, avant d’appeler à la politisation de la société. La rupture du lien de confiance entre les gouvernants et le peuple, ainsi que le désarmement de la puissance publique par le néo-colonialisme, le néolibéralisme et la perte de la crédibilité de la libération conditionnelle à la politique et à la désincarnation de l’action publique. C’est pourquoi l’auteur appelle à un renforcement de la puissance publique dans ses dimensions symbolique et pratique, en vue de faire de nouvelles utopies. Dans cette perspective, la «désertion coupable du champion» risque d ‘C’est justement par le constat d’une génération dépolitisée que commence le texte de

Ndèye Aminata Dia, «Se politiser pour servir». Les nouveaux champs d’investigation des jeunes sénégalais sont exploités à tous les niveaux politiques: s’est déployé sur cette croyance qu’il est possible de «changer le système en dehors du système», depuis le monde numérique ou le secteur privé par exemple . Le paradoxe de la jeune génération pourrait être situé entre le pouvoir partagé par tous les «participer au développement du pays» et l’indifférence au jeu politique, au militantisme. Cette génération serait également décalée de celle des années soixante qui «débattait politique» partout, avec des ancrages idéologiques différents mais des clairs: maoïsme, marxisme-léninisme, socialisme, libéralisme. Pour ce qui est de la génération présente,

Youssou Owens Ndiaye réitère, de façon sur ne peut plus claire, la noblesse de la politique que ne sauraient entacher les pratiques malsaines de la majorité des politiciens professionnels. Le titre de ce texte est, à cet égard, très évocateur: «La politique est un généreux geste d’amour». C’est un engagement, un don de soi pour les causes collectives. L’auteur est persuadé que la solution pour sortir d’un système tant décrié, est l’engagement des hommes imbus de valeurs qui redonneront à la puissance publique toute la place qui lui sied, elle (re) prenne en charge des pans de la société ont été abandonnés à des acteurs non étatiques.«Des États forts, incarnés par les hommes forts», qui constituent la formule que l’on cherche à atteindre les jeunes qui s’engagent dans la politique, pour que l’éducation,

Le combat contre les discriminations à l’égard des femmes doit être rangé dans ce répertoire des luttes politiques actuelles, selon Tabara Korka Ndiaye, dans une contribution intitulée: «Conjuguer la politique africaine chez les femmes». Il ya Certes l’acquis comme la loi sur la parité, mais en matière de droits des femmes, il ne faut pas dormir sur ses lauriers: ces acquis à consolider et à défendre. Dans le champ politique, le problème des femmes leur absence dans les rôles décisifs que le manque de représentation numérique. L’avènement d’une «société moins machiste» Passente Vient de l’engagement des jeunes hommes et des femmes qui promeuvent et défendent «certaines traditions progressistes» ainsi que les législations nationales et internationales.

L’idée de justice traverse beaucoup de contributions de Politisez-vous! Racine Assane Demba: «La politique au secours de la justice». Le concept de justice est utilisé au sens le plus large possible par l’acteur, permettant de parler de la nécessité d’améliorer le système judiciaire et de «conquérir et préserver la justice sociale». Sur ce dernier point, l’auteur rappelle que nous parlons de la justice sociale sans l’éducation et la santé qui sont les conditions minimales. Le combat politique pour l’élaboration d’un certain nombre de normes minimales sans les idées de la justice peut mourir, amène Demba à rappeler à sa société que: «Nos lieux de privation de liberté (…) sont la preuve ultime d “un rapport biaisé à la justice”.

Cette indifférence qui s’améliore en plus de la jeunesse est fort heureusement traitée par Fanta Diallo dans son appel: «Il est temps de jouer collectif». Pour elle, la dépolitisation de la jeunesse sénégalaise se trouve dans la «crise de la représentation dans l’espace public». Les jeunes prennent la distance par rapport au jeu politique et préfèrent participer à la cité de prendre part à la délibération publique par le biais des instances dédiées à cet effet. De manière très pragmatique, l’auteure appelle à l’engagement local qui aurait l’embryon d’une démocratie nationale, l’action publique locale ayant les caractéristiques d’être concrète, visible et d’une incidence réelle sur la vie des personnes ». Les défis de nos temps invitent, en outre,

Fary Ndao asserte, quant à lui, que «le combat pour l’écologie est politique». L’auteur dit comment le «dogme d’une croissance infinie dans un monde fini» a apporté le monde aux portes des désastres malheureuses sur l’habitat et la fertilité des sols. Pour «changer le système et non le climat», l’économie a créé la bataille des idées, car «l’économie politique a créé son propre cadre théorique, et s’est coupée de toute la complexité qui régit la nature dans elle se dérouler ». Il faudrait bien s’engager pour prendre politiquement en charge la question de l’écologie. Dans sa lecture des choses,L’auteur voit bien une jeunesse qui se politise et ne montre pas l’émergence d’un certain nombre de mouvements citoyens et d’actions individuelles comme ceux entreprises par les bloggeurs-lanceurs d’alertes. Mais le problème est ailleurs: la majorité de la jeunesse ne serait pas encline à passer par le statut de personne politisée à celui d’acteur politique. Au-dessus de l’importance des enjeux écologiques, «seul des États forts, incarnés par des personnalités politiques altruistes et intègres, comme il y a un aspect des intérêts de la jeunesse politique». la majorité de la jeunesse ne serait pas encline à passer le statut de personne politisée à celui d’acteur politique.Au-dessus de l’importance des enjeux écologiques, «seul des États forts, incarnés par des personnalités politiques altruistes et intègres, comme il y a un aspect des intérêts de la jeunesse politique». la majorité de la jeunesse ne serait pas encline à passer le statut de personne politisée à celui d’acteur politique. Au-dessus de l’importance des enjeux écologiques, «seul des États forts, incarnés par des personnalités politiques altruistes et intègres, comme il y a un aspect des intérêts de la jeunesse politique».

Fatima Zahra Sall explique justement les impasses dans la jeunesse que l’on trouve dans la jeunesse politisée ou plutôt militante, dans son texte intitulé: «L’engagement politique est un voeu de liberté et de responsabilité». Outre les jeunes qui font une représentation erronée de leurs rôles dans les partis politiques, les conditions et les quotas d’investiture (comme la condition d’âge) sont de nature à maintenir dans un statut d’éternel militant jeune ». La jeunesse est ainsi sous-représentée dans les instances représentatives. L’appel en déduit l’auteure est clair: il faut «aller à l’assaut des partis politiques». Même si elle n’enferme pas les possibilités d’engagement dans les seuls partis,

Mohamed Mbougar Sarr appelle à retrouver le degré zéro du pouvoir politique. Après avoir tenu à rappeler la distinction entre la politique et l’auteur, l’auteur précise que nul n’a confirmé son éjection du politique. «L’expérience du politique» est plus grand que le jeu politique partisan et est «inscrite dans la quotidienneté même des relations, décisions, actes, paroles, choix qui jalonnent l’existence en compagnie des autres». Dans son entendement, la dépolitisation, la perte de la conscience politique, la perte de la conscience politique. L’auteur appelle à une citoyenneté pleine, plus présente, plus «attentif», moins politiquement passif. Autrement dit,

Abdoulaye Sène vient clore l’ouvrage avec son texte plein d’humanisme: «Un chemin vers la montée en humanité». Dans cette contribution, l’auteur rappelle l’histoire douloureuse du continent africain. De même, le discours optimiste actuel sur le continent cacherait mal, selon lui, «un présent douloureux». Dans cet ordre d’idées, le combat pour une «Afrique debout et digne» serait politique pour deux raisons: d’une partie, c’est une lutte qui ne connaît pas la complexité sociale et l’histoire du continent; D’autre part, seule la puissance publique pourrait l’assurer concrètement à travers l’action publique. Dans sa perspective humaniste, l’auteur estime que se politiser reviendrait à «évoluer en conscience … au service»Tout en excluant pas les autres formes de lutte pour une meilleure Afrique,

Commentaires critiques

Politisez-vous! est un livre très limpide, malgré la diversité des styles de ses auteurs. Au-delà de cette remarque de forme, il conviendrait de dire que, sur le fond, les dix contributions sont toutes pointues. Deux critiques d’être nullement la qualité: il s’agit d’un postulat de la dépolitisation de la jeunesse qui traverse presque tout l’ouvrage et la reprise, inconsciente ou non, de la construction occidentale du politique A nos yeux, la jeunesse sénégalaise ‘est pas dépolitisée, mais juste politisée autrement. Elle investit certainement des champs qui occupent la place de la politique et des centres de décision – de l’activisme numérique à l’entrepreneuriat social – mais des éléments de conjoncture politique et socio-économique l’expliquent,

Ce paradoxe d’une jeunesse à la fois contestataire et clientélaire n’est pourtant que d’apparence: le centre gouvernemental étant, dans nos systèmes politiques, l’allocateur quasi-exclusif des rares ressources économiques et symboliques, sa dénonciation est souvent une conséquence de l’éviction d’un jeu sur l’espoir plus tirer bénéfice, et la clientélisation des rapports des citoyens apparait parmi les perspectives rares d’insertion sociale. Pis, toutes les forces nationales sont des quasiment centripètes, le lieu politique d’autres dimensions de la vie sociale se déployer sans phagocyter. Ce qui est, à nos yeux, inédit dans nos sociétés au regard de notre Histoire.

Peut-on répondre à ce que dit la sortie d’un système, en se reposant essentiellement sur les volontaires ou les coalisées? Devrait-on encore appeler le renforcement de la puissance publique ou des États plus fort lors du centralisme politique explique bien les impasses de nos sociétés? La question est-elle telle que l’arrivée de personnes plus vertueuses au pouvoir ou le refonte d’un système politique qui «corrompt» la vertu? En d’autres termes, si une critique de la presse de gens honnêtes au pouvoir au Sénégal sans s’atteler à repenser le système, sans retoucher cette vision jacobine de la construction du politique, sans repenser les modalités de la spatialisation politique dans nos sociétés,Est-ce qu’il ne s’agit pas d’élaborer des techniques d’aménagement du pouvoir politique, avec un État moins centralisé, une libération conditionnelle, une liberté conditionnelle et une manière non déléguée de manière artificielle? L’urgence n’est-elle pas d’essayer de détecter les sources actuelles d’innovation politique dans nos sociétés?

Par ailleurs, sur la question de la politisation des jeunes, il conviendrait de dire qu’on peut nourrir des réponses pour la jeunesse sénégalaise, lire, dans un même geste, la politique et ses praticiens. Mais cette attitude n’est pas spécifique aux jeunes, ni signe d’une dépolitisation. Le souvenir nostalgique des orientations politiques de leurs aînés à l’âge de la génération soixante-huitarde ne doit pas aussi tromper: l’indifférence ou le rejet des idéologies la choisi publique. Les débats entre jeunes en la matière sont parfois même très acerbes. Dans l’humour, les chants populaires, les petites expressions à la mode, la jeunesse et la société qui ne sont pas dépolitisées et qui peuvent être plus d’un certain autoritarisme.Traduire ces rêves de limiter le pouvoir du prince en une réalité politique poser la question de l’engagement. Les jeunes ne sont pas moins engagés, de façon substantielle, que leurs aînés avec qui sont aujourd’hui désabusés et font peu de confiance dans la capacité des alternances politiques à produire des alternatives programmatiques réelles.

L’absence de données statistiques rend difficile cet exercice n’est pas possible de voir, par exemple, l’évolution de la participation électorale des jeunes ou comment, selon la tranche d’âge, ceux-ci dans une situation de dépolitisation que dans une socialisation sociale progressif qui peut d’ailleurs dépendre du degré d’insertion sociale de la personne jeune adulte. Nous sommes donc ainsi que l’hypothèse que la jeunesse sénégalaise n’est pas dépolitisée mais pas besoin de temps, hier comme aujourd’hui, pour stabiliser ses opinions politiques, penser les modalités de sa participation, tenter différentes expériences … Mieux, elle refuse même la naïveté politique et l’embrigadement des partis, seulement pour l’extrême parfois. En tout état de cause,

S’il faut certes dénoncer le maintien des jeunes dans les rôles moins décisifs, il faut aussi souligner que la jeunesse politique: on peut penser que c’est l’effet de l’échec de l’ordre politique de la facture occidentale, qui Sécurité publique et sécurité dans le cadre des services publics de services, dans le développement de pratiques pratiques client dans la base des ressources économiques des ressources économiques et des ressources. Aller vers le centre politique est aussi moyen de ressourcement et peut prendre une forme clientéliste.iii En fait, la précarité n’est pas économique dans nos sociétés:L’invention se rapporte à une ou plusieurs de ces technologies qui ont été mises en application dans une ou plusieurs de ces langues. ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine inein ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine ine in inela libération conditionnelle ne se délègue pas ou encore de très rares occasions (ceux qui ont le devoir de parler, ont droit de parler, et inversement). Cela devrait nous permettre de repenser la parlementarisation de notre espace politique, que les simples échecs cumulés de nos législatures devraient nous inciter à faire. la politique ya plutôt l’habitude d’être dissout dans le fonctionnement quotidien de la société; la libération conditionnelle ne se délègue pas ou encore de très rares occasions (ceux qui ont le devoir de parler, ont droit de parler, et inversement). Cela devrait nous permettre de repenser la parlementarisation de notre espace politique, que les simples échecs cumulés de nos législatures devraient nous inciter à faire.la politique ya plutôt l’habitude d’être dissout dans le fonctionnement quotidien de la société; la libération conditionnelle ne se délègue pas ou encore de très rares occasions (ceux qui ont le devoir de parler, ont droit de parler, et inversement). Cela devrait nous permettre de repenser la parlementarisation de notre espace politique, que les simples échecs cumulés de nos législatures devraient nous inciter à faire.

En dépit du fait que politisez-vous! en grande partie sur une prémisse qu’il convient de relativiser (la dépolitisation de la jeunesse) et qu’il fait l’économie de la critique de la construction occidentale du politique, c’est un ouvrage de la haute facture que nous serions tentés de recommander aussi bien à la jeunesse d’ici et d’ailleurs aux plus âgés. Malgré ces quelques désaccords, je devine que nous reviendrons sur ces propos de Jean Monnet portés ici en épigraphe: «Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions».

Hamidou Anne, Ndèye Aminata Dia, Youssou Owens Ndiaye, Fary Ndao, Racine Assane Demba, Fanta Diallo, Fatima Zahra Sall, Mohamed Mbougar Sarr, Abdoulaye Sène et Tabara Korka Ndiaye.

ii Cf. Pierre Bréchon, «Politisation et vote des jeunes», Agora débats / jeunesses, 2, 1995. Les jeunes, acteurs du politique. pp. 9-21.

iii Cf. Bertrand Badie, L’Etat importé. L’occidentalisation de l’ordre politique, Biblis, Paris, 2017, 338 pages. iv Les articles de Fatima Zahra Sall et de Fary Ndao ne pas se reposer sur cette prémisse

El Hadji Cheikh Diop, citoyen.
ecdiop@gmail.com

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